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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 21:12

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-sjc1/hs657.snc3/32444_1298187658363_1340539857_30742571_4074408_n.jpg

Chers lecteurs,

 

Stratégies du réenchantement, le premier recueil de nouvelles sorti tout droit du prolifique cerveau de Jeanne-A Debats (l’auteur de l’excellente et étonnante novella La Vieille Anglaise et le continent), paru le 14 mai dernier chez Griffe d’Encre, vient d’achever le ravitaillement de mon maigre esprit.

 

Après la postface, véritable hommage proféré par l'indispensable Jean-Claude Dunyach, je m’interroge. Que dire de plus, face à cet homme qui a déjà tout dit, et qui l’a écrit bien mieux que je ne saurai jamais le faire ?

 

Que rajouter, mis à part le fait que je conseille l’œuvre au plus grand  nombre, car  les nouvelles, tantôt mordantes, tantôt amusantes, tantôt prenantes voire déprimantes ou encore encourageantes, tantôt brèves et longues, sont toujours profondes, porteuses de sens, d’une façon de concevoir la Vie ?

 

Que s'ingénier à écrire, sinon que, de l’Aria Furiosa, qui ouvre ce recueil par le pouvoir de la voix à Nettoyage de Printemps, point final n’ayant pas démérité sa place, en passant par l’inoubliable, la bouleversante et magistrale Fugues et fragrances au temps du Dépotoir, chaque nouvelle possède pleinement sa place au sein de ce recueil, chacune d’elle est essentielle, toutes prennent le temps nécessaire à l’aboutissement sans être entachées par la moindre finition hâtive, la plus petite histoire à demi débutée qui ne prend pas la peine de développer son plein potentiel ?

 

Hmmm, après mûre réflexion, après avoir fort tourné en rond en me posant ladite question, je me permettrai, alors, un audacieux « Jeanne je t’aime ! » ainsi qu’un simple « Merci ». Merci pour cet appel à l’Humain Merci pour cette libre expression laissée à tous les non-conformes (à Zorn la Psycho irRégulière) à tous ceux qui, par leurs essences et leurs natures, sont incompatibles avec La Norme (ah, ce Gilles…),  et surtout, propos éminemment politiques et actuels, à tous ceux qui rejettent ce que l’on veut nous faire passer pour une vie heureuse et normale (Saint-Valentin). Merci pour cette Plume qui, sait, en quelques mots, entrainer le lecteur au cœur d’univers et de vies tantôt fantastiques et science-fictionnelles. Merci pour cet élan de révolte face à l’insoutenable et aux carcans, quels qu’ils soient.

 

J’élargirai un brin ces propos par la constatation d’un fait qui, au vu de mes récentes lectures, me frappe. Ce retour à l’Humain, à l’Animalité, au Désir, au Brut. À ce qui mord, ce qui cogne, ce qui griffe, ce qui blesse. Philosophie de comptoir que cela, mais, les divers carcans des sociétés technologiques et bien-pensantes au sein desquelles nous vivons ne nous pousseraient-ils pas à l’implosion ?


En clôture à cet article, simply, écrits issus de la quatrième de couv' de ces Stratégies du réenchantement :

«Devant l'insupportable, il est malaisé de se révolter, mais parfois plus encore de se soumettre.

Huit nouvelles sur l'art et les raisons de dire non, huit stratégies pour réenchanter le monde jusqu'à, parfois, le détruire.»


Sans oublier le cadeau de chez Griffe d'Encre, à savoir la mise en ligne d'une bonne partie du début de chaque nouvelle.

CITRIQ

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 14:43

http://www.decitre.fr/gi/22/9782847618822FS.gifChers lecteurs,

 

J’ai aujourd’hui une courte mais non moins belle lecture à vous proposer, à savoir l’impasse de Michel Surya. Paru le 6 avril dernier chez Al Dante Éditions, écrit d’une cinquantaine de pages.

 

M’attendant, de prime abord, à tomber sur un court essai politique comme de coutume chez l’auteur, dors et déjà intriguée par l’absence totale de quatrième de couverture, j’ai eu la surprise de découvrir un récit « érotique » éminemment personnel d’une tristesse et d’une beauté égales à celles de la vie : infinies.

 

Au détour d’une impasse, « je » fait l’amour, et le lecteur un brin voyeur découvre le temps de ces cinquante pages le fil des pensées de ce « je », désordonnées (mais pas tant que ça), hachées, sans ponctuation. Sans la moindre ponctuation. Ni point, ni virgule, que des mots alignés les uns à la suite des autres, desquels surgissent phrases et sens. Il découvre la solitude d’un homme et la tragédie qui se noue lors de tout rapport sexuel.

 

On part, brutalement, de l’acte qui débute, pour ensuite le penser, dans un souffle ininterrompu, une avalanche prolifique de mots et de sens, jetés là par un besoin profond, immédiat, urgent de « dire » ; souffle débuté à la naissance, et qui ne se tarira qu’à la mort de l’auteur de ces pensées, cette œuvre ne comportant ni début, ni fin.

 

La mort, la naissance, sont, à travers l’amour et l’acte d’amour, le véritable thème de cette novella. Elle s’intéresse, au fond, à l’animalité de l’Homme rendu à sa chair, en quête désespérée de contact et de fusion avec la chair d’autrui, afin de rompre momentanément cette satanée solitude régnant en maître au cœur de nos cerveaux de désaxés.

 

Un gros coup de cœur donc, que je vous recommande vivement. Lecture de fin d’après-midi nuageux voire pluvieux, avec un thé ou un café à portée de main et le ciel gris en arrière-plan, histoire de.

CITRIQ

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 10:13
« Il est maintenant avéré clairement que l'absurde et le nihilisme sont les points de vue les plus rationnels pour concevoir le monde, si l'abjection où nous végétons peut être nommée ainsi. »

Svetislav Basara in Guide de Mongolie / domaine étranger, p.57
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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 17:10

Un peu de douceur en cette belle et prometteuse journée, prometteuse car, il le paraît, ces prochains jours verront le soleil revenir dans toute sa splendeur.

 

Je vous laisse vous faire bercer par la voix de velours appartenant à Shione Yukawa, au rythme d'une musique médiévale interprétée par le Kuricorder Quartet.

 


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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 10:33

Très chers lecteurs,


En cette pluvieuse journée de printemps, laissez-moi vous présenter une artiste qui me tient à cœur et que vous connaissez peut-être pour ses participations à diverses OST depuis les années 1990, j'ai nommé Yoko Ueno.

 

http://img.over-blog.com/130x174/1/73/37/77/ueno/yoko1.jpg

 

Les débuts


Compositrice, productrice, interprète, et j’en passe, la dame est née le 11 octobre 1963 à Tokyo. En cours avec Kira Tomohiko ainsi que Katsushi Matsuda, ils fondent en 1985, peu de temps après l’obtention de leurs diplômes, le groupe Zabadak. Leur style ? De ce que j’ai pu entendre, un mélange de musique traditionnelle/folklorique, et de pop.

 

De 1985 à 1993, Yoko Ueno fera ses armes au sein de cette formation en tant que chanteuse et compositrice, acquérant avec le temps une plus grande autonomie musicale, forgeant son style et ses objectifs. De cette époque naîtront une dizaine d’albums et mini albums. Zabadak, que quitteront Katsushi Matsuda en 1987 ainsi que Yoko Ueno en 1993, n’est à l’heure actuelle plus que le projet solo de Kira Tomohiko. Quelques titres sont en écoute sur son site officiel.

 

J’ai pu apprécier et écouter certains morceaux issus de cette période, que je vous fais partager ci-dessous. Attention cependant, ils ne sont pas vraiment représentatifs de la suite et de l’essentiel de la carrière de notre chère musicienne.

 

Around The Secret

 

Tagatsu No Oka

 

Itsutsu No Hashi

 

 

La révélation

 

Zabadak fonctionne bien. Leurs albums se vendent, des fans viennent les voir en concert, le groupe est bien établi quand Yoko Ueno le quitte.

 

Mais, pourquoi ce départ ? Il semblerait que cela soit du à un conflit d’origine artistique. La musicienne, qui a plus d’une corde à son arc, manifeste un penchant tout particulier pour l’expérimentation et les concepts, tandis que son partenaire à la scène est quant à lui attiré par une musique moins expérimentale.

 


 

Sitôt lancée en solo, Yoko ne chôme pas puisque moins d’un an après la séparation paraît le magnifique Voices, un concept album de dix chansons aux différentes atmosphères, interprétées par dix jeunes femmes et portant chacune pour titre un prénom féminin. Sur cet album, très doux, la compositrice mêle avec talent les voix et les ambiances, usant de nombreux instruments.

 

Elle prend également le parti de composer des chansons sans paroles, considérant les syllabes comme des sons se suffisant à eux-mêmes, et faisant sens de par leurs sonorités (choix qui se retrouvera dans la plupart de ses albums). Le résultat est sublime. Je vous laisse découvrir ci-dessous quelques extraits de Voices.

 

Aoife

 

Elizabeth


   Eleanoa (à écouter d'urgence)

 

 


 

Huit ans plus tard, soit en 2001, sort son second album solo, une perle conceptuelle du nom de Puzzle. Juste titre puisque chacun des douze morceaux fait directement référence à des théorèmes mathématiques ou à des jeux de réflexion, dans leurs conceptions, dans ce qu’ils évoquent ainsi que dans leurs titres.

 

MacMahon

 

Slither Link

 

 

Tangram

 

 

N’étant moi-même nullement intéressée par quoi que ce soit comportant des chiffres, je ne puis vous dire si le résultat correspond, seulement vous conseiller d’écouter parce que c'est vraiment beauuuuuuuuuw.

 

 


 

En 2003 sort un album intitulé SSS –Simply Sing Songs- en anglais, composé de reprises de chansons traditionnelles irlandaises et comportant deux morceaux originaux en japonais. Le résultat est plutôt agréable à entendre, si l’on met de côté l’anglais de la dame. Enfin quoique, on peut penser que son petit accent japonais ne manque pas de charme ! Ci-dessous… Vous savez quoi.

 

Black Is The Colour

 

Mizu

 



 

L’année 2005 voit la naissance d’un nouveau concept signé Yoko Ueno : l’album Shizen Gesho. Que nous a-t-elle pondu ce coup-ci ? Avec l’aide de ses consœurs du projet Marsh Mallow, sur lequel je reviendrais ultérieurement, un album adaptant en musique les phénomènes naturels, ou tout du moins la vision qu’en a la compositrice.

 

Ca donne du… bizarre. Il faut s’accrocher à l’écoute de certains morceaux et chercher à en comprendre le sens pour pouvoir les apprécier. Je vous fais part de quelques uns de ces ovnis musicaux.

 

 

Kaminari

 

Nami

 

No Ichigo

 

 


 

Enfin, en 2008, sort son dernier album en date, Tokyo Humming. Et encore une fois, il y a un concept derrière tout ça ; une journée à Tokyo dans divers quartiers et les impressions, sensations, et sons qu’en retire l’incroyable et talentueuse compositrice. Le résultat en est un album très immersif, mêlant adroitement et avec justesse voix, instruments acoustiques, musique électronique, et tout ce qu’elle a pu trouver d’intéressant.

 

Je vous conseille vivement d’écouter les quelques perles que je vous propose ci-dessous et qui tournent régulièrement dans ma playlist depuis que je les ai découvertes.

 

Azumabashi 6.27 p.m (à écouter d'urgence, morceau également utilisé dans un précédent article)

 

Hiroo 11.50 a.m

 

Nishishinjyuku 2.37 (à écouter d'urgence)

 

 

Et tout le reste, en vrac

 

En 1996 est également sorti un autre album, intitulé E-mix, que je n’ai pas mentionné plus haut car il consiste simplement en la reprise de morceaux tirés de ses compositions pour le groupe Zabadak et de son premier album solo Voices.

 

A côté de tout ce travail effectué sous son nom, Yoko Ueno possède un second projet solo, Asterisk. Ici, les albums (deux mini albums, compilés) ne sont pas basés sur des concepts : les morceaux sont le fruit d’expérimentations individuelles.

 

Elle fait également dans la composition et production d’autres artistes et participe à plusieurs projets dont Marsh Mallow, déjà cité plus haut. C’est un groupe composé de cinq musiciennes au sein duquel a notamment officié la célèbre Arai Akino, ancienne camarade de classe de Yoko.

 

 

Mes sources :

Site officiel de Yoko Ueno
Blog de Van
Wikipédia
Site officiel de Zabadak

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 10:21
« Le capitalisme ne se montre pas moins indifférent au principe qu'il prétend le régir (cf la liberté) que le communisme ne le fut au sien. »

Michel Surya in Portrait de l'intellectuel en animal de compagnie - De la domination 3, p.46
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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 22:09

http://www.imaginales.fr/sites/imaginales/design/affiche.jpg

Les Imaginales 2010.


 

Salon (ou festival) littéraire spécialisé dans l'imaginaire se tenant chaque année dans la ville vosgienne d'Epinal. Régulièrement, je m'y rends, et cette année ne fut pas une exception, puisque j'y ai passé l'intégralité (ou presque) des quatre journées que dure officiellement ce festival.

 

Ce lieu est, pour moi, un temps fort chaque année. Il m'accompagne depuis 2006 dans mon parcours étudiant, mes doutes, mes changements, mes vacillements, mes certitudes aussi. Et s'il fut, souvent, un artisan au service de mes multiples reconstructions, cette année, il insista lourdement sur mes faiblesses, mes creux et mes angles. Cependant, ces forts agréables et intéressantes journées eurent le mérite d'éloigner temporairement de mon esprit les fantômes du quotidien.

 

 

 

Au programme cette année, de belles rencontres mais aussi d'importantes retrouvailles.

 

Tout d'abord, en ce qui concerne les retrouvailles, je citerai Florence, des Lyonnes de la SF, dont j'eu le plaisir de partager la chambre trois nuits durant, depuis le Campanile. Vous aurez d'ailleurs l'occasion, dans quelques temps, d'écouter sur son site une émission consacrée à cette édition des Imaginales ainsi que plusieurs émissions reprenant les propos enregistrés de certaines Tables Rondes.


Ensuite, je n'oublie évidemment pas la maison d'édition Griffe d'Encre, une petite maison qui grandit, qui grandit, soutenue par les charmantes et très disponibles Menolly et Magali Duez, qui sélectionnent avec goût des textes originaux et de qualité.

 

Et sinon? Des retrouvailles avec certains auteurs, comme la tourbillonnante Emmanuelle Maia, le souriant Alain Damasio ou encore le sympathique Stéphane Beauverger. Quelques mots échangés, par ci, par là, quelques Tables Rondes à les écouter, et parfois un déjeuner ou encore un dîner à partager. Un plaisir rare.

 

En ce qui concerne les belles rencontres, je tenais à citer une maison d'édition Strasbourgeoise créée par des passionnés de littérature, j'ai nommé La dernière goutte, qui se charge de publier romans et nouvelles d'écrivains connus ou moins connus, comme par exemple Marie-Agnès Michel ou encore Jacques Sternberg.

 

N'oublions surtout pas les auteurs qui m'auront fait craquer. Lionel Davoust, Thomas Day, Christophe Lambert, Jean-Philippe Jaworski, Nathalie Dau, Robert Charles Wilson, Li-Cam, Olivier May et Antoine Lencou. Je ne cite ici que ceux dans l'œuvre desquels je ne m'étais pas encore plongée. Parviendrais-je à les lire tous, alors que ma PAL (Pile A Lire) grossit de jour en jour? Rien n'est moins sûr.

 

 

 

J'avoue n'avoir pas assisté à nombre de Tables Rondes ou Cafés Littéraires, sortes de débats autour d'un thème choisi auxquels participent des personnes dont l'œuvre ou le métier les rend aptes à s'exprimer.


Le premier  auquel j'assistais se tint jeudi dernier, à 17h, et concernait les Nouvelles Formes d'Édition. De jeunes éditeurs ont pu s'y exprimer et narrer leur parcours du combattant.


Ensuite, on se retrouve propulsé au lendemain avec, à 10h, une table ronde autour de la librairie actuelle, de son avenir, du libraire de demain. A 11h, un café fort amusant ayant eu pour thème les figures du mal, autrement dit les grands méchants, tint bon malgré l'absence de deux des intervenants prévus à l'origine. Toujours le vendredi, à 14h ce coup-ci, une conférence fut tenue par Alain Damasio himself au sujet de l'anthropotechnique. Enrichissant, évidemment.


Nous arrivons au samedi, troisième jour du festival, avec un entretien consacré au romancier américain Robert Charles Wilson. Personnage fort sympathique, cet entretien retraça ses débuts dans l'écriture ainsi que sa façon de concevoir son œuvre, le monde,... Le tout traduit en direct live par un Lionel Davoust multiplicateur de casquettes et au meilleur de sa forme. A 17h, j'assistais à une sorte de table ronde réunissant divers écrivains français ainsi que Wilson, dont le sujet consistait à s'interroger sur la capacité actuelle de la science-fiction à faire rêver. Malheureusement, si les questions étaient fort intéressantes, les personnes présentes passèrent souvent totalement à côté à mon goût, ne prenant pas vraiment la peine d'y répondre.


Et enfin, le dimanche, hui même, car, à l'heure où j'écris ces lignes, il est tout juste 23h. Il y a quelques heures à peine donc, soit à 14h, j'assistais à un café littéraire ayant pour thème les antihéros, les Bad Guys comme personnages principaux. Le café le plus amusant auquel j'ai assisté, réunissant des intervenants de choix : Laurent Genefort, Jean-Philippe Jaworski, Christophe Lambert ainsi que Vincent Message. C'est sans aucun doute le café le plus intéressant auquel j'ai pu assister, mêlant humour et sérieux, complicité entre l'interviewer et les auteurs, approfondissement du sujet sans tomber dans la conférence, mais soulevant des questions fort intéressantes comme celle du code de moral d'une société. En dernier lieu, à 16h, un café, ou plutôt une conférence, au sujet de la piraterie au sein de la littérature. Café durant lequel Michel Le Bris a pu nous abreuver de son savoir à ce sujet, en compagnie, entre autres, de Stéphane Beauverger.

 

 

Voilà, que dire de plus? Ah oui, je sais.

Je vous recommande vivement la librairie en ligne Ys, spécialisée dans les littératures de l'imaginaire.

 

 

Je pense que mon petit tour d'horizon des Imaginales 2010 est complet, pour de plus amples informations au sujet du déroulement des Imaginales, je vous rappelle le podcast des Lyonnes de la SF - à savoir qu'il est probable que  mes interventions orales au sein de la future émission soient retenues.

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 11:49

Ce matin, en lisant les dernières nouvelles sur Rue89, je suis tombée sur un article relatant des faits particulièrement choquants.


En effet, il semble qu'aux USA, dans les États de Caroline du Sud et d'Alabama (très réputés pour leur ouverture d'esprit...), les prisonniers séropositifs soient traités de façon totalement inhumaine.


Un test est obligatoirement fait sur chaque prisonnier entrant dans l'une des prisons de ces deux États, et si le prisonnier se trouve être séropositif, il sera :


-placé, seul, dans une cellule de confinement, comme un grand criminel dangereux (durant une semaine)

-nourri à travers la porte de la cellule

-empêché de prendre des douches tous les jours

-incarcéré, une fois son état confirmé, dans un quartier de haute sécurité occupé par d'autres séropositifs

-privé du droit de garder son état de santé pour lui, étant affiché sur le site Internet de la prison en tant que porteur du VIH

-obligé de porter un signe distinctif tout au long de son «séjour»

-isolé des autres prisonniers dans les activités quotidiennes (le repas, les cours, la messe)

-défendu de participer à certaines activités

-bridé dans les travaux à sa portée, n'étant autorisé qu'au nettoyage et à la tonte de l'herbe

-insulté, traité de «sidaïque» et de «pédale» par les autres prisonniers


Comment l'administration pénitentière explique-t-elle cet état de fait? Par l'argument «C'est pour leur propre sécurité et pour éviter la propagation du virus». Mouay mouay mouay.



Quelques témoignages de prisonniers :


Ronald B.  :

« A mon arrivée à Kirkland, je suis passé par l'admission. Ils m'ont fait un examen sanguin. Je ne connaissais pas mon état. J'étais avec tout le monde dans un grand dortoir […]

Soudainement, ils viennent et te sortent… Ils te mettent littéralement dans un donjon, une cellule sombre en bas des escaliers, et c'est tout.

J'y suis resté vingt-trois heures et le lendemain, ils m'ont nourrit à travers la porte. Je ne pouvais même pas prendre de douche tous les jours. Tu dois hurler pour que quelqu'un t'entende, des fois ils venaient, des fois non. »


Joseph T.  :

« J'ai entendu l'un des officiers dire à des prisonniers d'autres dortoirs : “C'est l'unité des séropositifs, restez loin d'eux, vous ne voulez pas attraper cette saloperie, n'est-ce pas ? ”. »


 

Espérons que l'ONG Human right watch (HRW), qui, en collaboration avec le groupe de défense des libertés civiles (ACLU pour American civil liberties union), a receuilli ces témoignages, fera rapidement avancer les choses dans ces États aux moeurs arriérées.

 

Source

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 19:47
« Sages de jadis, spirites d'aujourd'hui, ceux qui méditent sur l'âme humaine réservent en général leur mépris aux bêtes ou aux plantes, et leur respect aux hommes. Depuis des milliers d'années, nous cherchons aveuglément, dans toutes les directions, le moyen de nous distinguer d'entre les dix mille êtres de l'univers naturel. Démarche vaine, égocentriste... ne serait-elle pas cause de la tristesse de l'âme humaine? »

Yasunari Kawabata in La danseuse d'Izu - Élégie, p.49
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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 16:24

Chers lecteurs,



Récemment, grâce à la mirifique Médiathèque André Malraux de Strasbourg, j’ai pu emprunter le Zatôichi du très célèbre Takeshi Kitano.

http://img146.imageshack.us/img146/8260/afficher.jpg
L'affiche du film

L’artiste et amuseur aux multiples facettes a emporté, à la Mostra internazionale d'arte cinematografica di Venezia 2003, le Lion d’argent du meilleur réalisateur pour ce film. Rappelons que c’est ce festival qui avait fait connaître Akira Kurosawa avec Rashômon en 1951 et, plus largement, le cinéma japonais en Europe. Rappelons également que Takeshi Kitano a été primé pour la première fois de sa vie lors de ce festival, en 1997, pour son magnifique Hana-Bi.

http://img413.imageshack.us/img413/6605/large20zatoichi20bluray.jpg
C'est le sang de qui, à votre avis?

Zatôichi est une célèbre série de films japonais produits par la Daiei qui fit de l’acteur Shintaro Katsu l’une des plus grandes stars du cinéma japonais dans les années 1960-1970. Le premier long métrage issu de cette série, réalisé par Kenji Misumi, est sorti en 1962 sous le titre de Zatôichi monogatari (座頭市物語). Une vingtaine de films ainsi qu'une série télévisée de 4 saisons au nom de cette licence et avec le même acteur dans le rôle principal furent réalisées entre les années 1962 et 1979.

http://img687.imageshack.us/img687/3747/zatoichilemasseuraveugl.jpg
Le DVD de l'un des "vieux" Zatôichi

Dans le Japon traditionnel, les aveugles exerçaient le plus souvent la profession de masseur, afin de ne pas être un fardeau pour leur famille. Ils étaient d’ailleurs regroupés en un syndicat qui survécut jusqu’au début de l’ère Meiji. Zatôichi est l’un de ces masseurs, inventé sous la plume de Kan Shimozawa, il a la particularité d’être également une très fine lame. Justicier toujours prêt à défendre les opprimés, il combat divers ennemis et déjoue maints complots au cours de ses pérégrinations.

On est donc dans un chanbara (チャンバラ) ou ken-geki, c'est-à-dire un film de sabre japonais mettant en avant un combattant poursuivant la Voie du Guerrier ou Bushidō (武士道).

N’ayant pas vu d’autres épisodes de la série, je ne peux émettre de comparaison mais, à priori, dans le Zatôichi*de Kitano, on retrouve les éléments ayant fait le succès de la série mais réadaptés à la sauce du réalisateur, ce dernier n’ayant pas voulu faire un simple remake. Ce qui est, je pense, tout à son honneur.

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Le très beau Tadanobu Asano dans le rôle de Hattori

Un masseur peu loquace, interprété par Takeshi himself, dissimulant un katana à la lame très tranchante dans sa canne d’aveugle (interprété de façon assez semblable au Nishi de Hana-Bi, manière de jouer héritée du célèbre William Surrey Hart, c'est-à-dire minimaliste, avec très peu d’expressions, afin que le spectateur s’interroge sur ce héros sombre et silencieux). Deux belles geishas itinérantes en quête de vengeance. Un jeune et très talentueux (sans oublier qu’il est beau) rônin (浪人) nommé Hattori -interprété par Tadanobu Asano- et sa jeune épouse tuberculeuse. Une ville sous la coupe du clan de Ginzo, des gens très sympathiques qui ont pris l’habitude de pourfendre toute personne se mettant en travers de leur chemin vers l’argent et le pouvoir. Un combat décisif à la lueur d’un bûcher.

http://img406.imageshack.us/img406/401/zatoichi.jpg
Qui sortira vainqueur de ce duel?

Ajoutez à tout ça une superbe esthétique du sang et de la mort. Une violence rapide, fulgurante, qui ne prévient pas mais qui éclate brutalement -les combats sont basés sur les techniques de l'iaidō (居合道), autrement dit sur l'art de dégainer le sabre-. La mort est, quant-à elle, très stylisée, mais comme toujours dans les films de Takeshi Kitano, le spectateur ne peut s'empêcher de s'identifier à celui qui prend les coups, ne peut s'empêcher d'avoir pitié et de souffrir. Il est, pour moi, impossible de rester totalement indifférent. Et c'est d'ailleurs un fait voulu de la part du réalisateur, qui a répliqué à des Américains lui reprochant un excès de violence (vous savez, les trucs bien pensants du type, "vous n'avez pas peur que les jeunes veuillent vous copier dans la réalité?") : « La violence dans mes films est une violence qui fait très mal. Dans un film, cette douleur permet de neutraliser la violence. Mais chez vous, vous ne faites que des films sans douleur. »

N'oublions également pas une chorégraphie et une mise en scène des combats époustouflantes. Un montage éclaté et déstructuré comme aime à les faire Kitano, ultra-dynamique nous offrant de magnifiques moments d’une synchronisation parfaite avec la bande sonore. Du saké. Un travesti. Une veuve hospitalière. Un neveu comique et sympathique ainsi qu’un numéro de claquettes japonaises…

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Yûko Daike dans le rôle de la belle Geisha Okinu Naruto

…et vous obtenez un véritable chef d’œuvre durant lequel on ne s’ennuie pas une seconde, qui nous tient en haleine, ravit nos yeux et nos oreilles.

Pour les petites anecdotes : la scène de la pluie est un hommage aux Sept samouraïs d’Akira Kurosawa. La troupe de danseurs The Stripes apparaît à la fin du film pour un final étonnant. Takeshi Kitano a dû subir un entrainement intensif afin de pouvoir effectuer lui-même la plupart de ses cascades.

Je vous laisse avec le Trailer en Vo (parce que la vf...) :

 

 

 

...et une citation de Takeshi Kitano, tirée d’un entretien avec Mathieu Kassovitz datant de juin 1998 (donc avant la création de ce film), que j’ai pu lire dans l’édition de « Rencontres du Septième Art » consacrée à notre japonais.

« Je pense que celui qui exerce une violence doit savoir qu’il peut lui aussi avoir à subir la violence. Quand on tue quelqu’un, il faut toujours avoir en tête qu’on peut être tué soi-même. C’est pourquoi, s’il y a des meurtres dans mes films, je prends toujours la responsabilité de faire mourir celui qui a tué ; il n’y a jamais de happy end. »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/09/53/p1.jpg
Takeshi Kitano en Zatôichi, just über classe


Sources : -Le Cinéma Japonais, 2e édition par Max Tessier
-Images du cinéma Japonais par Max Tessier
-Takeshi Kitano - Rencontres du Septième Art

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