Réfléchissons et ne fléchissons pas.
Très chers lecteurs,
En cette pluvieuse journée de printemps, laissez-moi vous présenter une artiste qui me tient à cœur et que vous connaissez peut-être pour ses participations à diverses OST depuis les années 1990, j'ai nommé Yoko Ueno.

Les débuts
Compositrice, productrice, interprète, et j’en passe, la dame est née le 11 octobre 1963 à Tokyo. En cours avec Kira Tomohiko ainsi que Katsushi Matsuda, ils fondent en 1985, peu de temps après l’obtention de leurs diplômes, le groupe Zabadak. Leur style ? De ce que j’ai pu entendre, un mélange de musique traditionnelle/folklorique, et de pop.
De 1985 à 1993, Yoko Ueno fera ses armes au sein de cette formation en tant que chanteuse et compositrice, acquérant avec le temps une plus grande autonomie musicale, forgeant son style et ses objectifs. De cette époque naîtront une dizaine d’albums et mini albums. Zabadak, que quitteront Katsushi Matsuda en 1987 ainsi que Yoko Ueno en 1993, n’est à l’heure actuelle plus que le projet solo de Kira Tomohiko. Quelques titres sont en écoute sur son site officiel.
J’ai pu apprécier et écouter certains morceaux issus de cette période, que je vous fais partager ci-dessous. Attention cependant, ils ne sont pas vraiment représentatifs de la suite et de l’essentiel de la carrière de notre chère musicienne.
Around The Secret
Tagatsu No Oka
Itsutsu No Hashi
La révélation
Zabadak fonctionne bien. Leurs albums se vendent, des fans viennent les voir en concert, le groupe est bien établi quand Yoko Ueno le quitte.
Mais, pourquoi ce départ ? Il semblerait que cela soit du à un conflit d’origine artistique. La musicienne, qui a plus d’une corde à son arc, manifeste un penchant tout particulier pour l’expérimentation et les concepts, tandis que son partenaire à la scène est quant à lui attiré par une musique moins expérimentale.
Sitôt lancée en solo, Yoko ne chôme pas puisque moins d’un an après la séparation paraît le magnifique Voices, un concept album de dix chansons aux différentes atmosphères, interprétées par dix jeunes femmes et portant chacune pour titre un prénom féminin. Sur cet album, très doux, la compositrice mêle avec talent les voix et les ambiances, usant de nombreux instruments.
Elle prend également le parti de composer des chansons sans paroles, considérant les syllabes comme des sons se suffisant à eux-mêmes, et faisant sens de par leurs sonorités (choix qui se retrouvera dans la plupart de ses albums). Le résultat est sublime. Je vous laisse découvrir ci-dessous quelques extraits de Voices.
Aoife
Elizabeth
Eleanoa (à écouter d'urgence)
Huit ans plus tard, soit en 2001, sort son second album solo, une perle conceptuelle du nom de Puzzle. Juste titre puisque chacun des douze morceaux fait directement référence à des théorèmes mathématiques ou à des jeux de réflexion, dans leurs conceptions, dans ce qu’ils évoquent ainsi que dans leurs titres.
MacMahon
Slither Link
N’étant moi-même nullement intéressée par quoi que ce soit comportant des chiffres, je ne puis vous dire si le résultat correspond, seulement vous conseiller d’écouter parce que c'est vraiment beauuuuuuuuuw.
En 2003 sort un album intitulé SSS –Simply Sing Songs- en anglais, composé de reprises de chansons traditionnelles irlandaises et comportant deux morceaux originaux en japonais. Le résultat est plutôt agréable à entendre, si l’on met de côté l’anglais de la dame. Enfin quoique, on peut penser que son petit accent japonais ne manque pas de charme ! Ci-dessous… Vous savez quoi.
Black Is The Colour
Mizu
L’année 2005 voit la naissance d’un nouveau concept signé Yoko Ueno : l’album Shizen Gesho. Que nous a-t-elle pondu ce coup-ci ? Avec l’aide de ses consœurs du projet Marsh Mallow, sur lequel je reviendrais ultérieurement, un album adaptant en musique les phénomènes naturels, ou tout du moins la vision qu’en a la compositrice.
Ca donne du… bizarre. Il faut s’accrocher à l’écoute de certains morceaux et chercher à en comprendre le sens pour pouvoir les apprécier. Je vous fais part de quelques uns de ces ovnis musicaux.
Kaminari
Nami
No Ichigo
Enfin, en 2008, sort son dernier album en date, Tokyo Humming. Et encore une fois, il y a un concept derrière tout ça ; une journée à Tokyo dans divers quartiers et les impressions, sensations, et sons qu’en retire l’incroyable et talentueuse compositrice. Le résultat en est un album très immersif, mêlant adroitement et avec justesse voix, instruments acoustiques, musique électronique, et tout ce qu’elle a pu trouver d’intéressant.
Je vous conseille vivement d’écouter les quelques perles que je vous propose ci-dessous et qui tournent régulièrement dans ma playlist depuis que je les ai découvertes.
Azumabashi 6.27 p.m (à écouter d'urgence, morceau également utilisé dans un précédent article)
Hiroo 11.50 a.m
Nishishinjyuku 2.37 (à écouter d'urgence)
Et tout le reste, en vrac
En 1996 est également sorti un autre album, intitulé E-mix, que je n’ai pas mentionné plus haut car il consiste simplement en la reprise de morceaux tirés de ses compositions pour le groupe Zabadak et de son premier album solo Voices.
A côté de tout ce travail effectué sous son nom, Yoko Ueno possède un second projet solo, Asterisk. Ici, les albums (deux mini albums, compilés) ne sont pas basés sur des concepts : les morceaux sont le fruit d’expérimentations individuelles.
Elle fait également dans la composition et production d’autres artistes et participe à plusieurs projets dont Marsh Mallow, déjà cité plus haut. C’est un groupe composé de cinq musiciennes au sein duquel a notamment officié la célèbre Arai Akino, ancienne camarade de classe de Yoko.
Mes sources :
Site officiel de Yoko Ueno
Blog de Van
Wikipédia
Site officiel de Zabadak